La vie est un choix

Je vais mourir un jour. Je ne sais pas combien de temps il me reste : peut-être 60 ans? peut-être 5 ans ou 5 jours ; mais une chose est sûre, je vais mourir. C'est la certitude de la mort qui donne de la valeur à mon existence. Le temps dont je dispose est précieux. Il y a tellement de choses intéressantes à faire ou à connaître, une vie ne suffit pas, mais nous n'avons qu'une vie. Vivre, c'est choisir. Plusieurs chemins s'ouvrent devant nous, lequel suivre ? Faut-il en emprunter plusieurs en même temps et courir le risque de ne pas aller assez loin à chaque fois ou bien faut-il en prendre un et aller le plus loin possible ? Faire de la politique, monter une entreprise, poursuivre une carrière universitaire, ce ne sont pas des activités à temps partiels. Il faut y consacrer sa vie pour réussir. Choisir sa vie, c'est donc sacrifier nos autres possibilités d'existence. Quels sacrifices suis-je prêt à accepter ? Délaisser mes enfants pour faire des meetings politiques ou pour gagner des millions en me tuant au travail ? Renoncer au pouvoir et à la richesse ? Jusqu'où doit aller ce renoncement ? Faut-il abandonner sa vie matérielle pour se consacrer aux autres exclusivement ? Les voies sont multiples...on pourrait certes tracer une sorte de voie du milieu : ne pas trop rechercher la richesse tout en évitant la pauvreté, penser à soi et à sa famille tout en aidant les autres lorsque c'est possible. Mais l'harmonie de la voie médiane va à l'encontre de l'excellence. Tous les grands hommes au dessus de la norme ont nécessairement une vie déséquilibrée où une partie de leur existence prend une part démesurée. Napoléon a t-il eu une vie harmonieuse ? Et Mickael Jackson ? Et Baudelaire ?
Accomplir de grandes choses, c'est prendre un chemin exclusif. L'harmonie, c'est renoncer à l'excellence, en partie du moins, c'est accepter l'imperfection, la banalité, l'idée d'être ordinaire. On rêve tous d'être extraordinaire, mais voulons nous vraiment tous les sacrifices que cela demande ? Nous devons rester fidèle à notre nature. Certains désirent être au sommet, ce n'est pas forcément une mauvaise chose. D'autres préfèrent rester simples, ce n'est pas non plus une mauvaise chose.

Commentaires

  1. Bonjour,
    La vie est un choix...personnel, s'il est question de sa vie. De quelle autre vie peut-il être question si nous parlons de choix? Dans ce sens, et parce que la vie est avant tout une "histoire" personnelle, le choix est personnel. Oui, nous n'avons qu'une vie (et encore cela peut être discutable, mais admettons...), et n'est-ce pas précisément pour cette raison qu'elle est si précieuse cette vie, et qu'elle exige de chacun de nous une responsabilité personnelle, et individuelle. Pourquoi choisir sa vie nous amènerait-il à sacrifier un quelque autre choix, ou plus exactement "non choix" ? Est-ce que faire le bon choix ou les bons choix signifie réussir sa vie? Si tel est le sujet, qu'est-ce que réussir sa vie? Est-ce répondre à ses envies et/ou désirs, aussi sincères, et nobles soient-ils, ou est-ce définir avant tout sa raison profonde d'existence en tant qu'Homme, celle qui donne un sens (le sens) à sa vie? Réussir sa vie serait donc faire le ou les bons choix pour être en phase avec ce qui donne le sens de sa vie d'Homme. Le grand homme ne serait-il pas celui qui fait le bon choix pour se réaliser en tant qu'Homme, avant de se réaliser en tant qu'homme politique, ou homme de scène, ou encore homme publique...
    Accomplir de grandes choses n'est-il pas avant tout le fait de s'accomplir soi.
    Avant de rêver d'être extraordinaire (unique), ne faudrait-il pas prendre conscience que nous le sommes tous déjà. Être au sommet en restant simple; n'est-ce pas une belle définition de l'excellence? Vivre n'est pas effectivement une activité à temps partiel. "Être juste et juste être" est sans aucun doute une activité à temps plein où l'harmonie devrait pouvoir côtoyer l’excellence pour permettre l'accomplissement de grandes choses et surtout de grands esprit.
    Merci.

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    1. Bonjour. Je vous remercie pour votre réponse intéressante et je vais essayer dans la mesure du possible de répondre à vos interrogations. Pour tout vous avouer, je n'aime pas trop la formulation de cet article puisqu'il affirme beaucoup et il peut donner l'impression d'avoir été écrit par un donneur de leçon. Or, je présente certes ici mon opinion sur la question à tel instant t, mais je ne prétends pas avoir raison, loin de là. Finalement la question importe plus que mes réponses succinctes. Et puis chercher à plusieurs c'est encore mieux. Je ne renie pas pour autant mon texte et je vais donc éclairer mon discours. Première idée, "nous n'avons qu'une vie": vous supposez que cette affirmation est discutable. Tout dépend de la manière de définir notre vie. On pourrait peut-être distinguer la vie de notre enfance, notre vie d'étudiant, notre vie de fonctionnaire ou notre vie d'artiste. Effectivement, de notre naissance à notre mort nous pouvons accomplir beaucoup de chose, et ainsi nous aurions plusieurs vies. Je suis d'accord avec vous (mais peut-être pensiez-vous à la réincarnation de l'âme en tant que croyance possible). Ce que j'appelle vie désigne tout simplement le temps qui s'écoule entre notre naissance et notre mort. Mais là n'est pas le coeur de votre objection. "Pourquoi choisir sa vie nous amènerait-il à sacrifier un quelque autre choix?" Voici ce que je crois. Lorsqu'on choisit d'avoir des enfants, par exemple, cela prend du temps. Les repas, les activités, les devoirs, les moments de joie et aussi les moments difficiles, tout cela prend du temps. Faire de la politique sérieusement, s'engager dans un parti, participer à des meeting, écrire des discours assister aux élections exercer un mandat, cela prend aussi du temps. Etre un artiste, écrire des chansons, répéter avec son groupe, faire des tournées, des concerts, cela prend aussi du temps. Ecrire des livres ou passer une thèse de doctorat, idem. Est-il possible d'être un père de famille présent, un homme politique efficace et dévoué, un artiste doué et reconnu en même temps? Il me semble que la vie est un choix et qu'on ne peut pas tout faire. On peut assurément faire plusieurs choses, mais pour les faire de manière sérieuse nous avons besoin de temps. Or choisir,c'est sacrifier une possibilité. Cela ne veut pas dire qu'une telle possibilité ne peut pas être explorée dans l'avenir.

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  2. "Est-ce que faire le bon choix ou les bons choix signifie réussir sa vie?" Qu'est-ce qu'un bon choix? Cela est personnel et subjectif. Réussir sa vie aussi. Chacun trace son chemin en fonction de sa nature et aussi de sa volonté.
    "est-ce répondre à ses envies ou est-ce définir la raison profonde de son existence en tant qu'Homme, celle qui donne un sens (le sens) à sa vie? Votre distinction présuppose que suivre ses envies ou ses désirs ne sauraient donner un sens à notre existence. Or, ne pouvons-nous pas donner un sens hédoniste à notre existence? Que signifie "définir la raison profonde en tant qu'Homme"? Cela implique qu'il y ait "une raison profonde" , or qu'elle est-elle? et cela implique aussi que cette raison conviendrait à tous les hommes puisque vous utiliser un H majuscule ("Homme"), or le sens de notre existence n'est-il pas propre à nous-même?
    "Le grand homme ne serait-il pas celui qui fait le bon choix pour se réaliser en tant qu'Homme, avant de se réaliser en tant qu'homme politique, ou homme de scène, ou encore homme publique..." que signifie se réaliser en tant qu'Homme? est-ce que je ne peux pas me réaliser en faisant de la politique ou en étant un artiste?
    "Avant de rêver d'être extraordinaire (unique), ne faudrait-il pas prendre conscience que nous le sommes tous déjà." Il y a une différence entre un bon chanteur et un mauvais chanteur, entre un bon politicien et un mauvais politicien, sommes-nous tous extraordinaires? Pas sûr...cela voudrait dire que la médiocrité n'existe pas, or n'est-elle pas une évidence?
    "Être juste et juste être" est sans aucun doute une activité à temps plein où l'harmonie devrait pouvoir côtoyer l’excellence pour permettre l'accomplissement de grandes choses et surtout de grands esprit." je crois que viser l'harmonie prend du temps et effectivement cela peut être un but de l'existence. Mais je ne crois pas que Macron ou Trump aient une vie harmonieuse, beaucoup d'artistes et de philosophes avaient une vie chaotique. Avez-vous des exemples concrets de grands hommes conformes à votre idéal?
    Je vous remercie beaucoup pour votre intervention. J'attends votre réponse avec impatience.

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  3. Bonjour,
    Merci pour votre réponse, et les réflexions que vous communiquez. Avant tout loin de moi l'idée de passer pour, et encore bien moins d'être un donneur de leçon. Si tel est l'impression qui se dégage en premier lieux de mon texte, veuillez m'en excuser, car ce n'était nullement mon intention.Peut-être que la spontanéité de mes propos et l'enthousiasme mis à correspondre sont avant tout ce qu'il faut retenir d'un ton un peu (trop) affirmatif. Ceci étant, je ne suis pas en désaccord total, ni diamétralement opposé avec votre analyse. Ce qui d'ailleurs, pourrait être le cas, sans que la qualité et le plaisir de notre échange en pâtisse. Peut-être est-il surtout question des termes employés et du sens que nous leur donnons.
    La Vie est un choix. Nous sommes d'accord (je crois) sur le sens donné à cette "affirmation", plus facile à écrire qu'à assumer au quotidien, je vous l'accorde, et pourtant... Cette affirmation sous entend immédiatement et presque brutalement la notion de responsabilité dans le sens ou l'homme est avant tout acteur et maître de sa vie, et non soumis, ou pire victime des aléas, et/ou des choix qui lui seraient "imposés" par tels ou tels circonstances de son existence. N'avons-nous pas toujours le choix, de prendre nos propres décisions, et ce quelque soit les circonstances matérielles, affectives, ou spirituelles qui "organisent", voire qui régissent notre quotidien? Ou au contraire, faut-il considérer qu'il est parfois impossible d'être libre de choisir et donc en quelque sorte devoir faire des choix par défaut? Je crois effectivement que cette question de liberté ou de soumission est au centre du sujet et du titre de votre article :
    La Vie est un choix.
    Pour tenter d’être plus explicite ; je me permettrait de reformuler cette affirmation de la façon suivante: Chacun a le droit de choisir librement sa vie. La notion de droit (et non devoir), et de liberté (et non de soumission) m'apparaissent essentielles. Pour le coup, je conçois aisément qu'une telle affirmation puisse soulevé un tollé. N'y voyez aucune volonté de provocation de ma part. Bien au contraire. Je tiens d'ailleurs à faire part de ma compassion, et de toute mon affection aux personnes réellement victimes d'injustices de la vie qui chaque jour vivent des drames aux quatre coins du monde.
    La question n'est pas effectivement d'affirmer que nous choisissons tous les évènements que nous vivons. En revanche, ne sommes nous pas libres de les vivre comme nous le souhaitons.
    En d'autres mots, les choses n'ont-elles pas la valeur que nous leur donnons? Par conséquent, la Vie n'aurait-elle pas aussi la couleur et la saveur que nous lui donnons, et la joie, et le bonheur que nous lui consacrons ? Dans ce sens, et nous sommes d'accord, le bon choix est le bons choix pour soi. Mais la vie n'est-elle pas avant tout et seulement la notre. Ne sommes nous pas destiné à devenir que ce que nous sommes, et à faire de notre propre vie ce que nous avons choisi finalement? Les derniers mots de Steeve Jobs avant de mourir seraient:"

    "Je suis arrivé à l'apogée du succès dans le monde des affaires. Aux yeux des autres, ma vie est un exemple de réussite. Cependant, en dehors du travail, j'ai eu peu de joie. En fin de compte, la richesse est tout simplement un aspect de la vie auquel je me suis habitué."

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  4. Je ne visais pas votre texte, mais mon article. En parlant de donneur de leçon, je pensais à moi, pas à vous, je vous rassure. Je crois aussi que nous sommes d'accord sur le fond. Vous avez raison de relier la notion de choix à celle de responsabilité et de liberté. Si la vie est un choix j'en suis responsable en grande partie. Certes, je ne choisis pas les événements qui me frappent: les décès, les maladies, les accidents sont des épreuves qui s'imposent à moi. Mais, ma liberté réside dans ma manière de les affronter ou de les accepter. Nous sommes effectivement les artisans de notre vie.

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